C’est l’histoire d’un jeune homme parti d’une chambre d’adolescent, d’un ordinateur et d’une curiosité sans bornes. Alhassane Diallo, créateur du réseau social Cheepchat, n’a pas suivi le parcours habituel des ingénieurs de la Silicon Valley. Son éducation a consisté à chercher en ligne, à lire des documents techniques et surtout à pratiquer, beaucoup pratiqué pour avoir un résultat significatif.

Tout a commencé en classe de 11e année à Fria (à 160 km de la capitale Conakry). Alhassane regarde des tutoriels, il lit et il expérimente. Sa méthode se résume à deux mots : comprendre vite et appliquer immédiatement. Avant de se lancer dans l’aventure de Cheepchat, il a travaillé sur des sites web, caressant le rêve de créer une plateforme comme Amazon adaptée à la réalité de son pays, la Guinée. Puis, d’amélioration en améliorant, il développe sa première application de discussion, simple et modeste. À ce moment, il ne se rendit certainement pas compte de toutes les possibilités qui s’offraient à lui.
Cependant, autour de lui, personne ne reste indifférent. Ses amis du lycée l’écoutent, posent des questions et forment un petit groupe pour approfondir les sujets techniques. C’est dans cette effervescence collective que l’idée de Cheepchat se concrétise. Mais le véritable moteur, c’est son frère jumeau.
« L’idée est venue de nous deux, » explique Alhassane en parlant de son frère jumeau Alsenyni, co-créateur de Cheepchat, celui qui a vu plus grand dès la première application de discussion : « Ce projet peut être solide, » a-t-il dit. Ensemble, ils ont affiné leurs idées et renforcé les concepts. D’un simple outil d’échange, le projet est devenu un véritable réseau social. Aujourd’hui, Alhassane parle souvent au « nous », tant son frère jumeau fait partie intégrante de la vision.

Cheepchat, c’est plus qu’un réseau social. Alhassane le définit comme un « réseau complet », le « réseau des réseaux », dit-il. Son idée est simple : rassembler toutes les fonctionnalités familières (messages, partages, fils d’actualité) et y ajouter des innovations pour améliorer l’expérience. « Quitter une autre plateforme ne doit créer aucun sentiment de manque, » explique Alhassane Diallo.
Son ambition va au-delà de la technique. D’ici cinq ans, Alhassane veut que les Africains soient fiers d’utiliser Cheepchat. Pour lui, cette initiative repose sur une conviction : l’Afrique ne peut plus ignorer la puissance du numérique. « Le monde évoluera grâce à la technologie, » dit-il. Son rêve est que le continent passe de consommateur à créateur, et que Cheepchat soit reconnu parmi les réseaux les plus utilisés du monde.
Pour y arriver, Alhassane sait qu’il ne peut pas agir seul. Il poursuit une licence en informatique pour maîtriser les nouvelles technologies, mais surtout, il cherche à s’entourer d’experts, « des personnes qui se consacrent entièrement à ça, qui n’en connaissent que ça. » Il le dit lui-même : c’est avec l’aide de ceux habitués aux grandes infrastructures qu’il franchira un cap décisif.
Son projet repose aussi sur la communauté. En proposant d’abord un environnement familier, Cheepchat espère attirer progressivement un large public, avant de déployer ses innovations. Et pour se faire, Alhassane veut compter sur une Afrique unie pour porter son projet au sommet.
Aujourd’hui, Cheepchat c’est plus de 80 000 utilisateurs actifs depuis son lancement officiel en janvier 2026. Elle récompense ces utilisateurs à travers la monétisation. L’objectif est de permettre à chacun de profiter des bénéfices de la valeur qui crée, explique Alhassane Diallo.
«Les utilisateurs ne sont plus une ressource exploitée mais des acteurs récompensés. Sur la plateforme, le temps passé n’est pas perdu, il est plutôt rentabilisé de façon intelligente par la monétisation de contenus. Chez nous, la monétisation n’est pas à une élite mais à toute la communauté.» Fait-il savoir
La vingtaine, Alhassane Diallo représente cette génération de jeunes africains qui n’attendent plus la permission pour innover. Avec Cheepchat, il ne crée pas seulement une application, il bâtit un chemin vers une Afrique qui crée, qui code et qui rêve grand.
